Christophe Rody (CH)

chef d'orchestre, flûtiste / orchestra conductor, flutist

16 mars 2006

les Young Gods à Montreux


A l’annonce de la venue des young gods lors de la conférence de presse du montreux jazz festival en avril dernier pour deux soirées spéciales célébrant leur 20ème anniversaire, nous n’imaginions peut-être pas encore à quel point nous allions vivre des moments aussi uniques qu’improbables, notamment lors de leur 2ème soirée qui allait réunir le trio helvétique et la sinfonietta de lausanne.

Alors que la première représentation des young gods le mercredi 13 juillet annonçait la mise en route d’un nouvel album avec de nouveaux morceaux résolument orientés vers des guitares samplées et un son plus brut que leur orientation vers les musiques ambient amorcées avec leur album ‘only heaven’, le lendemain allait nous replonger vers les premiers albums, revisitant de manière inopinée un répertoire presque oublié.

Intitulée ‘20 years old: experimental rock and classical music’, cette soirée réunissait une trentaine de musiciens issus de la sinfonietta de lausanne, ainsi que le trio emmené par franz treichler. Mais avant de nous plonger dans cette expérience inédite, les young gods avait invité le groupe américain fantômas, derrière qui se cache rien que moins que mike patton, ex chanteur de faith no more, le batteur terry bozzio ainsi que buzz osborne, le guitariste des melvins et trevor dunn à la basse, qui avait déjà accompagné patton avec le groupe mr bungle.

On connaissait les frasques du leader de faith no more et son intérêt non dissimulé pour le rock expérimental. Fantômas pourrait se traduire comme un prolongement à mr. bungle. Sur scène, une batterie démesurée était installée et allait accueillir un dave lombardo en grande forme. Mike patton, quant à lui, allait nous réserver bien des surprises en utilisant son bijou de voix de manière arrachée.

Décrire la musique de fantômas se révèle un exercice difficile mais patton la décrit comme étant une ode hardcore aux cartoons ou du ‘hardcore pour bébés’. Pas faux. Durant une heure (plus de temps aurait rendu la digestion plutôt difficile) le combo s’est livré à un véritable exercice de style. Patton, en véritable clown psychopathe, a trituré sa voix et ses machines en sortant des sons cartoonesques tandis que terry bozzio nous a démontré comment il avait largement apprivoisé son mastodonte de batterie. Un résultat déjanté, ou chaque morceau paraissait en contenir une centaine de plus et auquel ‘bip bip & le coyote’ se seraient volontiers reconnus. Troublant et hilarant!

22H45... Le miles davis replonge dans le noir. Sur scène, les musiciens de la sinfonietta s’installent, accordent leurs instruments tandis que christophe rody, le chef d’orchestre de la formation, se dirige au devant de la scène et s’installe sur son estrade. La musique commence, envoûtante et lyrique. On croit halluciner. Les envolées de violons se font plus présentes, et nous enivrent en guise d’introduction. Puis débarque franz, bernard et al. L’évidence d’une telle rencontre est alors immédiate lorsque les premières notes de ‘la fille de la mort’ se mettent à résonner. La voix rocailleuse de franz treichler s’accorde à merveille à cette formation éphémère. L’étonnement fait place à l’enchantement. L’ampleur de ce rendez-vous entre le classique et le ‘godcore’ prend toute sa dimension avec ‘l’eau rouge’, ‘envoyé’ ou encore ‘chanson rouge’. Les violons exultent. Sur les écrans, les regards brillants de quelques violonistes féminines à l’encontre de franz treichler prennent une tournure presque sexuelle en les contemplant se déchaîner sur leur instrument. Le jeune dieu chanteur apparaissait la veille en véritable chaman, il se transforme ce soir en gourou dont les instrumentistes semblent totalement dévouées.

Après une exploration du répertoire de kurtweil dans la langue de goethe et une parenthèse qui aura exploré des expérimentations plus ambient, le magnifique ‘moon revolutions’ arrive à point nommé. Le public est en transe. Un ‘skinflowers’ aux relents folks offre une excursion légère, tandis que ‘kissing the sun’ ou ‘supersonic’ nous fait jaillir des entrailles de la terre.

Vient plus tard un premier rappel et quelques ultimes plages sonores qui ne cessent de nous envelopper. On croit alors que le voyage se termine. Mais le groupe revient une dernière fois. La surprise est totale lorsque débarque sur scène mike patton à la place de franz treichler. Le chanteur américain nous délivre alors une version majestueuse de ‘did you miss me’ puis est rejoint par franz pour entonner ‘september song’ en duo. Magique. Un peu plus tôt dans la soirée, une spectatrice aura crié ‘charlotte’ vers la scène. Son vœu sera exaucé lorsque les notes de la chanson prennent vie pour mettre un point d’orgue à ce sublime concert.

Là où le mélange des genres pouvaient nous laisser sur notre faim, à l’instar de la programmation de l’auditori de barcelone lors de la dernière édition de sonar qui avait réuni richie hawtin ou dj rapture à un orchestre philharmonique, les young gods ont pris le temps de travailler pour nous offrir une soirée d’une qualité indéniable, où seul le son pouvait faire quelques fois défaut. Mais il est vrai qu’accorder un orchestre symphonique aux young gods relevait du pur défi qui ne pouvait apporter toute la puissance sonore que l’on avait retrouvée la veille lors de leur premier concert. Qu’importe, ce détail fut rapidement réduit à néant au vu du spectacle auquel nous avons pu assister.

Après avoir réinventer le rock il y a 20 ans, les young gods seraient-ils prêts à réinventer le classique? La célébration de ce mariage éphémère que nous avons partagé ce jeudi soir avec ces jeunes dieux ouvrent en tous les cas les portes aux expérimentations les plus folles.

Chapeau maestros!

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Ch. Rody dirige le concert consacré aux Young Gods à Montreux

The Young Gods

Montreux - Suisse [Miles Davis Hall] - mercredi 13 juillet 2005


Il semble que tout le monde n'ait pas totalement oublié les Young Gods. C'est rassurant.
Moi je me faisais du soucis pour eux : lLeurs longues années de disparition après l'album Only Heaven ; leur démêlés avec PIAS, puis Interscope ; leur réapparition avec l'excellent Second Nature produit sur leur propre label et passé quasiment inaperçu ; un deuxième essai d'album expérimental, Music For Artificial Clouds, bien plus abouti que le précédent ; un site internet mis à jour et super chiadé ... Et toujours pas de concert.
Ils nous avaient bien annoncé quelques surprises pour leur vingtième anniversaire ... mais arrive le mois de mars et toujours rien à l'horizon. Et puis d'un coup, l'annonce : le festival de Jazz de Montreux leur file le Miles Davis Hall pour deux soirées consécutives, avec comme compagnons de scène LCD Sounsystem et Fantômas !

Je suis en suisse à l'heure dite. En première partie de concert, nous avons droit à Aquanaut, une performance construite à partir de Music For Artificial Clouds, en collaboration avec les projectionnistes de Loopmatic. Franz et Al Comet concentrés derrière leurs machines envoient leurs sons, créent des nappes électro-organiques, liquides, éthérées ; Bernard Trontin se déplace discrètement et rythme l'exercice alternant batterie et tambours d'eau. Nous nous laissons happer par les séquences vidéo en accord parfait avec la musique. Franz se lève, s'approche d'une des vasques transparentes posées sur le devant de la scène, écarte le goutte à goutte, plonge son visage dans le liquide, mêlant son souffle à l'eau. Plus qu'un concert, c'est un rituel que les dieux nous apprennent ce soir. La lumière se rallume et on prend le temps d'émerger. Inutile de se précipiter.

Passons brièvement sur la prestation d'LCD Soundsystem, bien plus énergique que sur l'album mais qui ne parvient pas à éviter la confusion sonore en début de concert. Peu à peu, tout se met en place et on finit par apprécier le caractère volontaire des quatre musiciens et du chanteur James Murphy, braillant comme Black Francis sur des hymnes disco-new-wave rafraîchis. Ça a la pêche, ça finit par nous embarquer comme il faut, mais ça reste un peu pompier quand on est venu voir la sereine et démesurée puissance sonore des Gods, qui enchaînent quelques minutes plus tard et ne nous décevront pas un seul instant.

Plus à l'aise que jamais avec leurs sons, ils déploient leur univers, enrichissent leurs anciennes compositions, proposent de vrais morceaux de concerts, eux qui quelques années plus tôt peinaient parfois à s'éloigner de leurs versions studio.
Tout s'enchaîne sans effort, "Lucidogen", "Jimmy", "Kissing The Sun", "Envoyé", "Dame Chance", et aussi le tout nouveau répertoire qu'ils nous avaient promis ; de bons morceaux, constitués à partir de leurs bonnes vieilles recettes, mélanges de rythmes lents, musculeux, oniriques, lourds, tendus et d'explosions soudaines, libératoires. On dirait un vague retour aux sources, leur musique récupère un peu de son aspect le plus brut, et Franz chante à nouveau en français.
Fin du concert sur "Speed Of Night" et "September Song". Les trois dieux, plutôt que de nous épuiser, ont décidé ce soir-là de nous régénérer. C'est pas si fréquent de pouvoir prendre sa dose de rage et d'électricité le sourire aux lèvres.

Le lendemain, 14 juillet, autre excellent concert. Les Young Gods sont appuyés par le Lausanne Sinfonietta, orchestre de 32 musiciens, dirigé par Christophe Rody.
La complicité est visible, quelques compositions s'enrichissent, mais l'orchestre atténue parfois la puissance des morceaux, d'autre fois apporte peu. On retiendra cependant les interprétations mémorables de "La Fille De La Mort" (évidemment), "Charlotte", "Seerauber Jenny", "Kissing The Sun", "Astronomic", et la présence d'un jeune percussionniste ultra concentré et qui avait fort à faire. Un concert un poil plus anecdotique, donc, mais revigorant tout de même et rehaussé par la présence de Mike Patton, venu poser sa plus belle voix sur "Did You Miss Me" avec Franz sur la fin du set.
Mike Patton, c'est aussi Fantômas qui a pour sa part offert une prestation exemplaire. Terry Bozzio en phase avec Patton, qui se déchaîne et s'épanouit entre le chant, les manettes et la baguette de chef d'orchestre ; Trevor Dunn et Buzz Osbourne en soldats idéaux.
On met quelques minutes pour entrer dans leur truc, mais on en prend également plein les oreilles on saute de tension en haute tension jusqu'à la fin.

Voilà deux soirées de haute volée. On espère une suite, pourquoi pas !
Exceptionnel ! ! 19/20

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Ch. Rody dirige le Sinfonietta de Lausanne au montreux jazz festival

Le Temps

Les Young Gods en violons

MONTREUX. Triomphe, version symphonique.

Nicolas Julliard
Samedi 16 juillet 2005

Des regards d'enfants gourmands. Quand Mike Patton épie son batteur, retranché derrière son étalage de fûts-poupées russes, son œil pétille comme s'il s'apprêtait à commettre une grosse bêtise. Et lorsque Franz Treichler, tout sourire au micro, quête le regard de ses deux complices de cérémonie, un éclat de risque irradie ses pupilles. Insolite sur le papier, l'alliance du rock éclaté de Fantômas avec la rétrospective des Young Gods en version symphonique tient alors de l'évidence.

Orgueil de péplum, majesté des détails, il fallait la démesure inspirée du Montreux Jazz pour orchestrer cette rencontre américano-suisse aux excès partagés. Jeudi soir au Miles Davis Hall, Mike Patton, chanteur prodige de Fantômas, se fait chef d'orchestre halluciné pour survoler en un zapping frénétique les décombres du métal hardcore, de l'easy-listening et de la musique de cartoon. Digest haletant qui ouvre la voie aux déploiements symphoniques des Young Gods.

Moutons noirs au sein du Sinfonietta de Lausanne, dirigé par Christophe Rody, les trois rockers romands jubilent. Dans l'envergure élargie d'arrangements raffinés, les Young Gods ravivent, sourire aux lèvres, quelques-uns de leurs plus grands hymnes, du fiévreux La Fille de la mort au planant Child in the Tree. Dans le public, beaucoup ont l'âge d'être des fidèles du groupe dont on célèbre ici les vingt ans. Et dans leur canonisation symphonique, ces chants de rêve et de mort arrachent à la foule des cris de reconnaissance complice.

Comme si, à force de les voir multiplier les projets spéciaux, dilapider sans compter leur succès commercial dans des aventures osées (Expo.02, disques ambient, etc.), beaucoup avaient perdu de vue ce que les Young Gods furent, dans la première décennie de leur existence: une impressionnante machine à tubes. Chanteur impérial, Franz Treichler glisse sur les cordes frémissantes de la Sinfonietta avec la grâce farouche d'un fauve aux aguets, jusqu'au final sublime: une September Song en suspension dans l'éther, où la voix de Mike Patton se fond dans cet hymne ancien gorgé de promesses captivantes.

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Ch. Rody dirige "Dracula"

La Gruyère, 21.08.2004


Rêve en voie de se réaliser

A quatre mois de la première, «Dracula», la comédie musicale des Gruériens Benett Corboz et Frédéric Rody prend forme. Cette semaine, une trentaine de musiciens étaient réunis à Belfaux pour l’enregistrement de ce qui deviendra un CD. Tous professionnels, ils joueront en direct lors des sept représentations prévues à la salle CO2 de La Tour-de-Trême.


Pour Dracula, Christophe Rody dirige un orchestre d’une trentaine de jeunes professionnels


Aux dires de l’ingénieur du son Bertrand Siffert, Relief n’avait jamais vu une aussi importante formation classique dans ses murs. Durant trois jours, le très réputé studio de Dom Torche, à Belfaux, a accueilli un ensemble de cordes, cuivres, bois et percussions. Les musiciens y enregistraient leurs parties de Dracula, la comédie musicale de Benett Corboz (compositeur) et Frédéric Rody (auteur), qui sera créée à la salle CO2 de La Tour-de-Trême à la fin de l’année.
«On enregistre en trois jours ce qui, dans l’idéal, devrait prendre deux semaines», estiment les concepteurs du spectacle. L’ouverture, en particulier, se révèle fort délicate. «A elle seule, elle méri-terait deux jours entiers», estime Frédéric Rody. Pas question pour autant de bâcler quoi que ce soit. Plutôt de ne pas perdre de temps et d’aligner neuf à dix heures de travail quotidien. Dans une ambiance qui marie concentration et bonne humeur, malgré la chaleur qui fait suer les musiciens. En régie, de l’autre côté des vitres, compositeur, parolier et ingénieur du son apprécient, commentent.
«On essaie avec la bande?» lance Benett Corboz. «OK, on enregistre. Deux mesures avant», répond Bertrand Siffert. Casque sur la tête, le chef d’orchestre Christophe Rody transmet à ses musiciens. Après quelques secondes, Benett Corboz sourit: «Il y a un cor qui est parti dans les choux.» Interruption: «On refait, quelques mesures avant l’entrée des cors.» Entre les prises, on parle Pro-Tools et si bémol, informatique et musique.

CD en novembre
Si l’enregistrement peut se dérouler aussi rapidement, c’est aussi parce que tous ces musiciens, qui pour certains viennent de découvrir les partitions, sont professionnels. «Ce sont des tout bons. Cette ouverture, par exemple, serait techniquement impossible à jouer avec des amateurs. Même en travaillant pendant une année», explique Christophe Rody, frère de Frédéric.
Dracula se présente donc aussi comme une aventure de famille: leur sœur, violoniste, s’est chargée de réunir les musiciens. Au total, 21 cordes, 4 cuivres, deux bois et un percussionniste. Sans former un orchestre existant, beaucoup se connaissaient. Agés en moyenne de 25 à 30 ans, ils viennent du canton de Fribourg, mais aussi de Bulgarie, de Roumanie, d’Ukraine ou de France. «Tous ont déjà travaillé en Suisse», précise Christophe Rody.
Cet enregistrement servira surtout de sécurité, indique Benett Corboz. Et permettra de sortir un CD, prévu pour novembre, qui comprendra non pas l’intégrale de la comédie musicale, mais une sélection de morceaux. Une quinzaine de jours de mixage sont prévus en septembre. Un vidéo-clip est également en projet.
L’enregistrement studio pourrait en outre se révéler utile pour une éventuelle tournée. Parce que lors des sept représentations de la salle CO2, la musique sera jouée entièrement en direct. A cette formation classique de 28 musiciens s’ajouteront le batteur Gonzague Ruffieux (du studio Castle-Life), le bassiste André Schorderet et le guitariste Philippe Aguet.
«L’idée était aussi de réunir les milieux musicaux fribourgeois, de rassembler des gens qui d’habitude travaillent séparément, relève Benett Corboz. Et ce qui est remarquable, c’est que tous se sentent concernés. C’est vraiment leur projet et pas seulement celui de deux personnes.» Comme pour confirmer ses dires, Philippe Aguet assiste à cette journée d’enregistrement, sans intervenir musicalement, alors que le chanteur Laurent Progin, le futur Dracula, a préparé le repas pour tout le monde.
Malgré l’ampleur du projet et la masse de travail qu’il représente, l’enthousiasme de ses concepteurs n’a donc pas baissé. Surtout que leur spectacle se dessine de plus en plus précisément: Pascal Züger, qui a notamment travaillé avec François Rochaix, a pris en charge la mise en scène. «Nous cherchions quelqu’un qui soit assez souple et ouvert», indique Frédéric Rody. Pascal Züger se trouve d’ailleurs sur la même longueur d’ondes que les deux initiateurs. De quoi assurer une cohérence entre mise en scène, texte et musique.

Sponsors à trouver
Tous s’accordent à dire qu’il vaut mieux éviter de se laisser emporter par le sujet et de tomber dans le sanguinolent: «Le spectacle ne sera pas gore, assure Frédéric Rody. Avec ce thème, il y aura forcément des moments dérangeants, mais le but est d’avoir une palette d’émotions la plus large possible.»
Quant aux décors, ils seront signés Francine Coquoz. Et ils vont surprendre, assure Benett Corboz. Pour les costumes, tout reste ouvert. Au total, avec la dizaine de chanteurs, les musiciens, les responsables techniques (des images multimédias sont également prévues) et tous ceux qui s’engagent dans cet ambitieux projet, Benett Corboz et Frédéric Rody estiment qu’une «septantaine de personnes s’investissent».
Côté finances, le budget s’est affiné pour finalement atteindre 438000 francs. L’Etat de Fribourg et la Loterie romande devraient apporter leur soutien. Et la difficile recherche de sponsors privés se poursuit. Pas de quoi remettre en cause l’aboutissement du rêve et de plus de trois ans de travail: la première est programmée le 29 décembre. EB

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critique- Ch. Rody dirige au BBI Festival

lundi 12 juillet 2004, Regions

Classique et techno: rencontre réussie
critique · Sacha Ruffieux et Fabrice Seydoux ont gagné, avec le chef Christophe Rody, leur pari un peu fou.

A droite, 14 musiciens classiques vêtus de noir, concentrés sur leurs partitions. A gauche, séparés par une paroi de plexiglas, deux batteurs tout en blanc, déployant leur arsenal de frappes frénétiques. Et au milieu le chef d'orchestre, frac et noeud papillon (et casque d'écoute sur la tête!), la baguette fendant l'air à 160 battements par minute. Le tout sous la lumière obnubilante des flashes stroboscopiques qui donne au Belluard des allures de dance floor médiéval. Voilà pour l'image.
Et le son est tout aussi étonnant: amplifiés «à coin», cordes et vents se frayent un chemin à travers une déferlante de «breakbeats», laissant naître une musique qu'on croirait contre nature si elle ne s'évertuait à prouver le contraire. L'estomac secoué par la pulsation des grosses caisses, l'esprit transporté par les vagues de cordes, on se laisse glisser sans défense dans le flux hypnotique de cette «drum'n'bass» orchestrale, entre B.O. hollywoodienne et musique minimale façon Steve Reich ou Brian Eno.

cadence infernale
Vendredi soir, Sacha Ruffieux et Fabrice Seydoux ont gagné leur pari un peu fou: faire coïncider les rythmes basiques de la techno avec les harmonies de la musique dite classique (voir La Liberté du 9 juillet). Et pas seulement virtuellement par l'intermédiaire d'un ordinateur mais, en direct, avec des instrumentistes en chair et en os, sur des musiques écrites spécialement pour l'occasion.
Très concentrés, les deux batteurs Fabrice Seydoux (également compositeur d'une partie du répertoire) et Yvan Braillard, ont maintenu la cadence infernale avec fermeté, tandis que le chef d'orchestre et arrangeur Christophe Rody dirigeait d'une main imperturbable des musiciens peu habitués à se caler sur des rythmiques aussi péremptoires.
Derrière la console de mixage, Sacha Ruffieux, cocompositeur et maître d'oeuvre du projet, a eu besoin de tous ses talents pour trouver le juste équilibre entre des masses sonores qui avaient tendance à s'annuler dans les graves et les médiums. Confus au début, le son s'est vite amélioré au fil des minutes, permettant aux excellents solistes (mention spéciale à la hautboïste) de s'exprimer avec clarté dans ce déluge de décibels.
Nombreux et enthousiaste, le public a réservé un accueil triomphal à cette expérience originale qui mérite d'être poursuivie dans d'autres lieux. Et pourquoi pas sur disque. éRIC STEINER

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critique- Ch. Rody dirige le stage d'orchestre des Jeunesses Musicales de Suisse

mardi 2 août 2005, Regions

Les jeunes musiciens mènent le bal
critique · En concert samedi à Charmey, 65 apprentis symphonistes ont fait honneur à leur chef Christophe Rody, dans le cadre d'un stage d'orchestre pour enfants et adolescents.
MARIE ALIX PLEINES

Etape finale de douze jours intensifs de musique orchestrale, le parvis fourmille d'une soixantaine de jeunes musiciens survoltés. Samedi, l'église de Charmey accueillait en effet le troisième concert du 15e stage d'orchestre pour enfants et adolescents des Jeunesses musicales de Suisse (JMS).
Avant l'ultime assaut symphonique, Christophe Rody, directeur musical du camp de Charmey, harangue une dernière fois ses troupes en jeans et tee-shirts arborant le nom de chacun des participants. La nef est bondée d'un auditoire familial et complice, où se côtoient grands-parents et parents tentant de canaliser toute une fratrie de futurs stagiaires.

Très pro, l'orchestre s'installe dans le calme. Et dans l'enthousiasme général s'élèvent les accents solennels de l'Ouverture des «Maîtres chanteurs» de Wagner. Le contrepoint fugué est étonnamment lisible, l'intonation globale plus qu'honorable. Dans ces archets à la corde, on devine même la recherche de l'ample sonorité germanique.
Suit la «Danse macabre» de Saint-Saëns, un poème symphonique truffé de solos pleins d'aplomb et raconté avec conviction. La narration orchestrale est admirablement soutenue par des nuances bien étagées, répondant à la gestique expressive du jeune chef fribourgeois.

Christophe Rody, qui dirige le stage pour la deuxième année consécutive, témoigne à l'issue du concert: «Il aurait peut-être fallu plus de temps pour affiner certains traits. La masse instrumentale était imposante cette année, ce qui obli- ge un peu le chef à «tirer». Mais les concerts se sont tous bien passés, avec des qualités diverses».
Une Valse de Tchaïkovski, impériale, évoque ensuite les fastes des salons de Saint-Pétersbourg. Puis la farandole zoologique du «Carnaval des Animaux» de Saint-Saëns défile dans la bonne humeur, rythmée par des solos humoristiques et des tutti pleins d'emphase. Récité avec une verve théâtrale, en français par Dimitri et en allemand par Noémie, le texte imagé de Loriot accuse quelques modifications inédites, dues à l'imagination débordante de Richard Mettraux, l'animateur principal du stage.
Une torride «Panthère rose», bissée à coeur joie, ferme la marche d'une entreprise musicale visiblement florissante. Laura Ponti, directrice administrative du stage, annonce enfin qu'un CD, best of des trois concerts - jeudi à l'église de Gruyères, vendredi au temple de Fribourg, et samedi à l'église de Charmey - sera édité par les JMS. I

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Ch. Rody dirige "Variété" de Mauricio Kagel

jeudi 20 octobre 2005, Sortir

Christophe Rody dirige «Variété» de Kagel
Première · A la tête d'un ensemble de profs, le chef propose une oeuvre contemporaine.
élisabeth haas

Christophe Rody a la voix assurée du chef qui se lance un défi. «C'est un véritable challenge», dit-il au nom de ses collègues du Conservatoire de Fribourg. A la tête d'un ensemble de professeurs, il dirigera deux fois Variété du compositeur argentin Mauricio Kagel, une oeuvre contemporaine et complexe. Ce sera une première dans le canton.
«C'est une pièce que j'ai immédiatement eu envie de diriger quand je l'ai entendue», raconte Christophe Rody, qui n'est pas du genre à renoncer aux difficultés. «La musique est très difficile à jouer. Sa complexité exige aussi que quelqu'un la dirige.» Mais on n'est loin des pièces contemporaines indigestes.

«Variété est bien écrite, compréhensible et agréable à écouter», assure le jeune chef. De quoi attirer un public large durant les 50 minutes environ que dure le concert.Adepte du côté spectaculaire de la musique, s'amusant à détourner les genres, Mauricio Kagel (né en 1931) a fait de Variété onze morceaux indépendants. «Il veut que le public apprécie la musique sur le moment. C'est pourquoi chaque moment musical a un caractère propre et exprime un monde en soi», analyse Christophe Rody.

Dans sa recherche de formes insolites, le compositeur a su créer des couleurs inattendues, nées de la fusion des instruments. Aurèle Vorlet interprétera la partie pour clarinette, petite clarinette et clarinette basse; Jean-François Michel tiendra celle de la trompette, Orfilia Saiz Vega celle du violoncelle, Christel Sautaux de l'accordéon, Gregor Camenzind est au piano, et Louis-Alexandre Overnay et Maxime Favroz aux percussions.
A l'origine de cette ensemble à géométrie variable: la volonté de «promouvoir la musique contemporaine», explique Christophe Rody. «Nous avons de très bons musiciens à Fribourg. Mais entre professeurs, nous jouons rarement ensemble. L'idée est désormais lancée. Nous espérons qu'elle va porter ses fruits.» I

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